Départ donc de Buenos Aires le mardi 14 août au soir pour 13h de bus (ce qui en Argentine veut dire 14-15h) en direction de Mendoza à bord de la compagnie Chevalier. Faut savoir qu'ici, les distances étant à rallonge, 13h de bus, c'est peu! Il faut certainement 5 fois plus pour arriver en Patagonie.. Et puis les bus sont super high-tech, on peut baisser nos sièges pour en faire des 'camas', on nous sert un plateau repas, avec Chevalier on a même droit à un super petit dej, et on y dort plutôt bien, surtout quand on a quelques heures de sommeil à rattraper. On se serait bien passer des 4 gros lourdeaux devant nous qui ont passé le voyage à nous jetter des regards et à essayer d'engager la conversation, du vieux qui hurlait dans son talkie-walkie à notre gauche (ici certains utilisent des talkie-walkie à la place des portables, à la joie des personnes alentours qui ont le plaisir de pouvoir partager toute la conversation), et du film de guerre sanglant au possible à 23h, volume à fond, mais faut bien s'adapter, n'est-ce pas?
Une fois à Mendoza, disons que le planning à été...chargé! On est d'abord resté deux jours dans la ville, à flâner sur les petites places pleines de charmes et à s'émerveiller sur les paysages qu'offre le parc San Martin, où se mélangent bouleaux, sycomores, platanes et palmiers, le tout surplombé d'une vue de fou sur la pré-cordillère.
Si Mendoza ressemble pas mal à Buenos Aires pour son architecture et son quadrillage de routes, c'est une ville beaucoup plus tranquille, avec seulement 130 000 habitants contre 12 millions pour la Capitale, on s'y sent vite en vacances, mais putain qu'il caille!!
On est encore tombé dans une super auberge (il faut croire qu'ici c'est partout comme ça), l'hostel independencia, tenue par un groupe de rigolos argentins qui nous ont permis de passer des supers soirées guitares (yeah man), bien qu'on ait certainement ruiné toutes les chansons en essayant de chanter en espagnol...
Couchés donc pas très tôt le jeudi soir, on s'est réveillés à 5h du mat le vendredi matin pour prendre le bus direction Puente del Inca, un pont naturel fait de sels et de sédiments, à environ 4h de Mendoza (5h quand le chauffeur discute 10 minutes avec ses pots à chaque arrêt...), et pour voir l'Aconcagua, le plus haut sommet des Andes (environ 7000m). Des paysages magnifiques, un temps de rêve et pas un chat dans les environs, le pied! Une seule faille au système: pour se ballader on est obligé de marcher sur la RN7, la seule route qui passe dans le coin et qui se trouve également être la seule route qui relie l'Argentine à Santiago du Chili, on a donc eu droit aux pots d'échappement des camions pendant une petite heure, alors qu'on manquait de se faire écraser toutes les 2 minutes, sympa l'air pure de la montagne!
Le soir, cassés et engourdis par le froid, on s'est rentrés à l'auberge qu'on avait réservé pour le week-end dans la petite ville d'Uspallata et qui, malgré une arrivée un peu chaotique (l'auberge était à 5km du centre et nous chargés comme des bourriquots, donc on a légèrement galéré pour y arriver, d'autant qu'il n'y avait pas d'eau chaude et qu'une panne d'électricité nous attendait à notre arrivée!), s'est révélé être génialissime.
Le samedi on s'est offert le luxe d'une journée de ski, histoire de profiter de notre statut de riches européens (les forfaits de ski sont aux prix français, donc incaccessibles à la majeure partie de la population) et de se taper quelques coups de soleil, et le dimanche, éblouis au réveil par les paysages entourant l'auberge (que l'on n'avait jusqu'à présent vue uniquement de nuit) et séduits par l'ambiance familiale et décontractée du lieu, on a décidé de rester un jour de plus à Uspallata, le temps de manger un asado 'riquiiissimo" cuisiné avec l'aide de Pablo, un des employés de l'auberge.
Quelques mots sur Uspallata. Ce lieu m'a tellement marqué qu'il faut absolument que je vous le décrive, même si c'est dur d'exprimer ce que l'on ressent quand on ne dispose que d'un vocabulaire assez restreint! La ville est située sur un plateau de pampa, où gambadent chevaux et vaches, traversé par un petit rio et entouré de montagnes, d'un côté des sommets enneigés, de l'autre des monts de roches ocres qui rappellent le Colorado (ce qui y ont été me diront si je me trompe...), partout une végétation très aride, des couleurs magnifiques et surtout: de l'espace! S'il y a bien une chose qui ici contraste avec les paysages européens, c'est l'espace, tout semble plus vaste, plus étendue, on se sent vraiment tout petit. Quand on ajoute à tout ça le soleil et la gentillesse des argentins de l'auberge, ça fait un dimanche plutôt sympa!
On a donc repris le bus pour Mendoza en fin de journée (après l'heure de retard rituelle des bus de la région) avec une sensation de fin de week-end assez désagréable, pour passer une dernière soirée sur Mendoza, et surtout faire le tour des bodegas à vélo le lundi après-midi, avant le retour vers la Capitale Federale. La province de Mendoza est en effet connue pour ses vins (on a essayé de rester fidèles aux vins français, mais c'est dur, les leurs sont vraiment bons!), et on peut faire le tour des vignes et des cuves (bodegas) à vélo, dégustations comprises. Au retour, la compagnie Chevalier nous avait encore réservé un bon petit film: Die Hard, idéal pour s'endormir, surtout quand votre siège est juste sous la télé (même les boules quies n'y font rien)! Arrivées avec Maud en fin de matinée à Buenos Aires, la gueule enfarinée par les kilomètres de pampa traversés, on a dû courir à notre premier cour de l'année: trois heures d'immunochimie en amphi, et qui plus est en espagnol, dur dur le retour!