mardi 28 août 2007

Virée à Mendoza...

Au bout d'une semaine de vida portena à fond les ballons, ayant plié la recherche d'appart en 2 jours et l'envie de voyager commençant à nous démanger, on a décidé de partir à Mendoza, une ville à l'ouest du pays, au pied de la Cordillère des Andes, passer une petite semaine avec quelques potes de l'auberge et de sciences-po, histoire de voir la montagne en hiver avant la rentrée. On avait déjà été estomaquées par la Cordillère en la survolant avant notre arrivée, mais là ce fut absolument "diviiino", comme dirait les argentins!

Départ donc de Buenos Aires le mardi 14 août au soir pour 13h de bus (ce qui en Argentine veut dire 14-15h) en direction de Mendoza à bord de la compagnie Chevalier. Faut savoir qu'ici, les distances étant à rallonge, 13h de bus, c'est peu! Il faut certainement 5 fois plus pour arriver en Patagonie.. Et puis les bus sont super high-tech, on peut baisser nos sièges pour en faire des 'camas', on nous sert un plateau repas, avec Chevalier on a même droit à un super petit dej, et on y dort plutôt bien, surtout quand on a quelques heures de sommeil à rattraper. On se serait bien passer des 4 gros lourdeaux devant nous qui ont passé le voyage à nous jetter des regards et à essayer d'engager la conversation, du vieux qui hurlait dans son talkie-walkie à notre gauche (ici certains utilisent des talkie-walkie à la place des portables, à la joie des personnes alentours qui ont le plaisir de pouvoir partager toute la conversation), et du film de guerre sanglant au possible à 23h, volume à fond, mais faut bien s'adapter, n'est-ce pas?

Une fois à Mendoza, disons que le planning à été...chargé! On est d'abord resté deux jours dans la ville, à flâner sur les petites places pleines de charmes et à s'émerveiller sur les paysages qu'offre le parc San Martin, où se mélangent bouleaux, sycomores, platanes et palmiers, le tout surplombé d'une vue de fou sur la pré-cordillère.



Si Mendoza ressemble pas mal à Buenos Aires pour son architecture et son quadrillage de routes, c'est une ville beaucoup plus tranquille, avec seulement 130 000 habitants contre 12 millions pour la Capitale, on s'y sent vite en vacances, mais putain qu'il caille!!



On est encore tombé dans une super auberge (il faut croire qu'ici c'est partout comme ça), l'hostel independencia, tenue par un groupe de rigolos argentins qui nous ont permis de passer des supers soirées guitares (yeah man), bien qu'on ait certainement ruiné toutes les chansons en essayant de chanter en espagnol...



Couchés donc pas très tôt le jeudi soir, on s'est réveillés à 5h du mat le vendredi matin pour prendre le bus direction Puente del Inca, un pont naturel fait de sels et de sédiments, à environ 4h de Mendoza (5h quand le chauffeur discute 10 minutes avec ses pots à chaque arrêt...), et pour voir l'Aconcagua, le plus haut sommet des Andes (environ 7000m). Des paysages magnifiques, un temps de rêve et pas un chat dans les environs, le pied! Une seule faille au système: pour se ballader on est obligé de marcher sur la RN7, la seule route qui passe dans le coin et qui se trouve également être la seule route qui relie l'Argentine à Santiago du Chili, on a donc eu droit aux pots d'échappement des camions pendant une petite heure, alors qu'on manquait de se faire écraser toutes les 2 minutes, sympa l'air pure de la montagne!



Le soir, cassés et engourdis par le froid, on s'est rentrés à l'auberge qu'on avait réservé pour le week-end dans la petite ville d'Uspallata et qui, malgré une arrivée un peu chaotique (l'auberge était à 5km du centre et nous chargés comme des bourriquots, donc on a légèrement galéré pour y arriver, d'autant qu'il n'y avait pas d'eau chaude et qu'une panne d'électricité nous attendait à notre arrivée!), s'est révélé être génialissime.



Le samedi on s'est offert le luxe d'une journée de ski, histoire de profiter de notre statut de riches européens (les forfaits de ski sont aux prix français, donc incaccessibles à la majeure partie de la population) et de se taper quelques coups de soleil, et le dimanche, éblouis au réveil par les paysages entourant l'auberge (que l'on n'avait jusqu'à présent vue uniquement de nuit) et séduits par l'ambiance familiale et décontractée du lieu, on a décidé de rester un jour de plus à Uspallata, le temps de manger un asado 'riquiiissimo" cuisiné avec l'aide de Pablo, un des employés de l'auberge.

Quelques mots sur Uspallata. Ce lieu m'a tellement marqué qu'il faut absolument que je vous le décrive, même si c'est dur d'exprimer ce que l'on ressent quand on ne dispose que d'un vocabulaire assez restreint! La ville est située sur un plateau de pampa, où gambadent chevaux et vaches, traversé par un petit rio et entouré de montagnes, d'un côté des sommets enneigés, de l'autre des monts de roches ocres qui rappellent le Colorado (ce qui y ont été me diront si je me trompe...), partout une végétation très aride, des couleurs magnifiques et surtout: de l'espace! S'il y a bien une chose qui ici contraste avec les paysages européens, c'est l'espace, tout semble plus vaste, plus étendue, on se sent vraiment tout petit. Quand on ajoute à tout ça le soleil et la gentillesse des argentins de l'auberge, ça fait un dimanche plutôt sympa!

On a donc repris le bus pour Mendoza en fin de journée (après l'heure de retard rituelle des bus de la région) avec une sensation de fin de week-end assez désagréable, pour passer une dernière soirée sur Mendoza, et surtout faire le tour des bodegas à vélo le lundi après-midi, avant le retour vers la Capitale Federale. La province de Mendoza est en effet connue pour ses vins (on a essayé de rester fidèles aux vins français, mais c'est dur, les leurs sont vraiment bons!), et on peut faire le tour des vignes et des cuves (bodegas) à vélo, dégustations comprises. Au retour, la compagnie Chevalier nous avait encore réservé un bon petit film: Die Hard, idéal pour s'endormir, surtout quand votre siège est juste sous la télé (même les boules quies n'y font rien)! Arrivées avec Maud en fin de matinée à Buenos Aires, la gueule enfarinée par les kilomètres de pampa traversés, on a dû courir à notre premier cour de l'année: trois heures d'immunochimie en amphi, et qui plus est en espagnol, dur dur le retour!

lundi 27 août 2007

Premières impressions...

Disons que notre arrivée à Buenos Aires n'est pas vraiment le meilleur souvenir que je garde du séjour: poisseuses et crevées après un voyage de 30h, encore émues et déboussolées par les adieux (qui n'ont pas été des plus faciles, certains s'en souviendront...), quel ne fut pas notre plaisir de se voir accueillir par... la pluie et la grisaille! Montées dans un taxi en direction du centre ville après s'être fait arraché un pourboir, on a ensuite traversé une série de bidonvilles situés à la périphérie de la ville, ce qui ne m'a pas vraiment remonté le moral! Bref, une arrivée peu enthousiasmante!

Heureusement tout s'est vite arrangé. On a vite rejoint le reste de la clique pipotarde arrivée avant nous à la capitale, et le beau temps s'est pointé des le lendemain, nous montrant la ville sous un autre jour. L'auberge où l'on est resté la première semaine (la casa esmeralda) s'est avéré être génialissime, à tel point qu'on ne voulait plus en partir! Accueillies par le dueno, un franco-argentin adorable, on a vite sympathisées avec le reste des vacanciers: français, anglais et néo-zélandais (vive le multiculturalisme ;) )backpackant en Amérique latine, ou venus comme nous en échange universitaire. La recherche de logement a été pliée en 2 jours. On a vite trouvé notre bonheur chez Cecilia, une argentine d'une cinquantaine d'années qui a une grande maison dans Palermo Viejo (mon quartier préféré de la ville) et qui y loue 3 chambres: 2 pour nous et une autre pour un étudiant américain venu comme nous passer un semestre à Buenos Aires. Fini donc le stress des premiers jours, on a pu profiter de la ville un maximum, alternant ballades, visites et bamboulas le soir avec les gens de l'auberge et les pipotards, la belle vie!

J'en reviens au titre de l'article, la première impression que m'a fait la ville se résume en un mot: hétéroclite. Ici on passe facilement des grattes ciels à la New York City accompagnés de larges boulevards, aux quartiers plus tranquiles et plus coloniaux comme Palermo, peuplés de petites maisons de toutes les couleurs, de boutiques branchouilles, et traversés par des rues pavées, en passant bien sûr par les quartiers plus populaires Pour les européens, l'influence américaine est frappante, il n'y a qu'à voir la taille des McDos, la prépondérance des grosses productions américaines au cinéma (la première semaine on avait le choix entre "duro de matar 4" (die hard 4), et "el regrosso del todo poderoso" (le retour de bruce tout puissant), l'architecture des buildings du microcentro, la largeur de certaines avenues et le quadrillage de cuadras formé par les rues qui rappelle le côté ville nouvelle des villes du nouveau monde. Pourtant à chaque fois que l'on discute avec un américain, il s'empresse de nous lancer: "this city is so european!". En effet, le style colonial d'un certain nombre de maisons fait de cette ville "le Paris de l'Amérique latine". Enfin malgré ces influences occidentales, la ville est quand même bien argentine. Pas de doute, on est bien en Amérique latine, et cela se ressent particulièrement les premiers jours. Les petits boui-bouis disséminés à travers la ville, où l'on trouve tant des cartes sims que des bonbons, la circulation ( en d'autre mots la loi du plus fort), et le bruit, un tout parfois un peu chaotique!
Hétéroclite donc pour son architecture, mais hétéroclite aussi pour sa composition sociale. Après quelques jours dans la ciudad, on se rend vite compte qu'il y a deux argentines: une argentine blanche issue de la première vague d'immigration européenne, qui vit dans les beaux quartiers et va à l'université, et une argentine plus basanée, venue plus récemment des pays plus précaires de l'Amérique latine (Bolivie, Colombie, sud du Pérou...), qui elle s'entasse dans les bidonvilles, vient mendier à la sortie des bouches du subte, et gonfle les rangs des cartoneros (des gens qui la nuit viennent ramasser les cartons dans les poubelles pour les revendre).

Enfin en arrivant, on ne peut qu'être surpris par l'étendue de la ville. Rien à voir avec Paris, ici on met facilement 3/4 d'heures pour se rendre d'un quartier à l'autre et l'européen qui débarque se fait vite avoir par sa notion des distances. Les premiers jours, on a eu du mal à arriver à l'heure, et on s'est fait les gambas en enchaînant les cuadras! Heureusement cet espace fait que la ville dispose d'un certain nombre de grands espaces verts avec une végétation magnifique: sycomores, palmiers, araucarias... l'idéal pour s'évader un moment de l'activité électrique de la ville.

Voilà donc pour les premières impressions, je commence vraiment à trouver beaucoup de charme à cette ville, et j'arrive même à prendre le bus sans me perdre (ce qui je vous assure n'est pas facile, vu le nombre de lignes de bus qui la traverse)! On n'a pas arrêté depuis notre arrivée, et il nous reste tellement de choses à voir/faire, je pense qu'on aura du mal à s'en lasser! La vida portena m'a bel et bien séduite!

Hola chicos!

Ca y est, arrivée il y a trois semaines en terre australe, j'ai enfin décidé de mettre mes maigres connaissances informatiques en pratique pour partager avec vous récits et photos. Beaucoup de choses se sont passées pendant ces trois semaines, je ne sais pas trop par où commencer mais j'espère pouvoir vous donner un aperçu de ce que c'est qu'être un mouton lâché au pays des steaks et du dulce de leche, à vrai dire c'est plutôt sympa, so enjoy! Et n'hésitez pas à "lâcher vos coms"! ;)