Disons que notre arrivée à Buenos Aires n'est pas vraiment le meilleur souvenir que je garde du séjour: poisseuses et crevées après un voyage de 30h, encore émues et déboussolées par les adieux (qui n'ont pas été des plus faciles, certains s'en souviendront...), quel ne fut pas notre plaisir de se voir accueillir par... la pluie et la grisaille! Montées dans un taxi en direction du centre ville après s'être fait arraché un pourboir, on a ensuite traversé une série de bidonvilles situés à la périphérie de la ville, ce qui ne m'a pas vraiment remonté le moral! Bref, une arrivée peu enthousiasmante!
Heureusement tout s'est vite arrangé. On a vite rejoint le reste de la clique pipotarde arrivée avant nous à la capitale, et le beau temps s'est pointé des le lendemain, nous montrant la ville sous un autre jour. L'auberge où l'on est resté la première semaine (la casa esmeralda) s'est avéré être génialissime, à tel point qu'on ne voulait plus en partir! Accueillies par le dueno, un franco-argentin adorable, on a vite sympathisées avec le reste des vacanciers: français, anglais et néo-zélandais (vive le multiculturalisme ;) )backpackant en Amérique latine, ou venus comme nous en échange universitaire. La recherche de logement a été pliée en 2 jours. On a vite trouvé notre bonheur chez Cecilia, une argentine d'une cinquantaine d'années qui a une grande maison dans Palermo Viejo (mon quartier préféré de la ville) et qui y loue 3 chambres: 2 pour nous et une autre pour un étudiant américain venu comme nous passer un semestre à Buenos Aires. Fini donc le stress des premiers jours, on a pu profiter de la ville un maximum, alternant ballades, visites et bamboulas le soir avec les gens de l'auberge et les pipotards, la belle vie!
J'en reviens au titre de l'article, la première impression que m'a fait la ville se résume en un mot: hétéroclite. Ici on passe facilement des grattes ciels à la New York City accompagnés de larges boulevards, aux quartiers plus tranquiles et plus coloniaux comme Palermo, peuplés de petites maisons de toutes les couleurs, de boutiques branchouilles, et traversés par des rues pavées, en passant bien sûr par les quartiers plus populaires Pour les européens, l'influence américaine est frappante, il n'y a qu'à voir la taille des McDos, la prépondérance des grosses productions américaines au cinéma (la première semaine on avait le choix entre "duro de matar 4" (die hard 4), et "el regrosso del todo poderoso" (le retour de bruce tout puissant), l'architecture des buildings du microcentro, la largeur de certaines avenues et le quadrillage de cuadras formé par les rues qui rappelle le côté ville nouvelle des villes du nouveau monde. Pourtant à chaque fois que l'on discute avec un américain, il s'empresse de nous lancer: "this city is so european!". En effet, le style colonial d'un certain nombre de maisons fait de cette ville "le Paris de l'Amérique latine". Enfin malgré ces influences occidentales, la ville est quand même bien argentine. Pas de doute, on est bien en Amérique latine, et cela se ressent particulièrement les premiers jours. Les petits boui-bouis disséminés à travers la ville, où l'on trouve tant des cartes sims que des bonbons, la circulation ( en d'autre mots la loi du plus fort), et le bruit, un tout parfois un peu chaotique!
Hétéroclite donc pour son architecture, mais hétéroclite aussi pour sa composition sociale. Après quelques jours dans la ciudad, on se rend vite compte qu'il y a deux argentines: une argentine blanche issue de la première vague d'immigration européenne, qui vit dans les beaux quartiers et va à l'université, et une argentine plus basanée, venue plus récemment des pays plus précaires de l'Amérique latine (Bolivie, Colombie, sud du Pérou...), qui elle s'entasse dans les bidonvilles, vient mendier à la sortie des bouches du subte, et gonfle les rangs des cartoneros (des gens qui la nuit viennent ramasser les cartons dans les poubelles pour les revendre).
Enfin en arrivant, on ne peut qu'être surpris par l'étendue de la ville. Rien à voir avec Paris, ici on met facilement 3/4 d'heures pour se rendre d'un quartier à l'autre et l'européen qui débarque se fait vite avoir par sa notion des distances. Les premiers jours, on a eu du mal à arriver à l'heure, et on s'est fait les gambas en enchaînant les cuadras! Heureusement cet espace fait que la ville dispose d'un certain nombre de grands espaces verts avec une végétation magnifique: sycomores, palmiers, araucarias... l'idéal pour s'évader un moment de l'activité électrique de la ville.
Voilà donc pour les premières impressions, je commence vraiment à trouver beaucoup de charme à cette ville, et j'arrive même à prendre le bus sans me perdre (ce qui je vous assure n'est pas facile, vu le nombre de lignes de bus qui la traverse)! On n'a pas arrêté depuis notre arrivée, et il nous reste tellement de choses à voir/faire, je pense qu'on aura du mal à s'en lasser! La vida portena m'a bel et bien séduite!
lundi 27 août 2007
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