samedi 22 décembre 2007

Rio de los pajaros pintados

Le fleuve des oiseaux peints, c'est ainsi que l'on nomme le fleuve Uruguay, séparant l'Argentine du pays auquel il a donné son nom. C'est donc au pays des pajaros pintados que nous avons passé notre premiere semaine de vacances, arpentant la côte atlantique de Colonia del Sacramento à Punta del diablo, près de la frontière brésilienne.



Sur le chemin du retour vers Buenos Aires je repasse par tous les endroits visités pendant la semaine, l'occasion de se replonger dans les souvenirs inoubliables de ce voyage. Il y a d'abord les lieux, pleins de charmes et de tranquilité, gravés en images et sensations dans ma mémoire:

--> Colonia del Sacramento et ses maisons coloniales (vous l'aurez deviné...), ses rues pavées, ses licuados et ses palmiers croulant sous le poids des branches, affalés sur les petites plages tropicales, qui font oublier la légère superficialité de ce lieu ultra-touristique. En s'y promenant on se croirait presque dans L'amour au temps du cholera, de Garcia Marquez (oui c'est un des seuls bouquins que j'ai lu depuis mon arrivée et je me sens obligée de le ressortir, et alors!?), s'attendant à croiser Fermina Daza ou Florentino Ariza au détour d'un banc ou d'un coin de rue.




--> Montevideo (rien que le nom sonne agréable, on croirait lâcher une grosse bulle de son gosier...), ses plages, son vent atlantique et son air marin qui semblent apaiser la ville, lui donner un air de vacances. Les charmes envoutants de sa Ciudad Vieja, vieille ville surplombant majestueusement la rambla et le port, avec ses bâtiments coloniaux en ruine, ses graffitis aux mille couleurs, ses rues pavées plongeant vers la mer, comme des tobbogans, ses cartoneros en calèche, ses habitants buvant le maté sur le pas de leur porte, son mercado del puerto semblant tout droit sorti d'un film; l'âme de l'Uruguay colonial semble bien régner sur ce quartier de la ville aujourd'hui connu pour être plus populaire et métissé.

--> Punta del este et ses airs de station balnéaire occidentale, mixt entre la grande motte et Beverly Hills, avec ses vues panoramiques sur l'océan, ses yots et ses balades sur la croisette, ses surfers, ses touristes argentins en tanga et ses vendeurs de pareo, pituco* sans l'être de trop, manquant légèrement d'âme et de charme mais super pour donner un avant goût de vacances à la mer.



--> Punta del diablo, village de quelques milliers d'habitants, toujours sur la côte uruguayenne, face à l'océan, niché quelquepart aux abords de la route nationale allant vers le Brésil, à quelques kilomètres de la frontière, nommé ainsi pour sa proximité géographique avec un rocher en forme de trident lancé vers le grand bleu, où se serait échoués moult navires, du moins il paraît... connu pour ses cabanes de pêcheur, ses plages de sable blanc, ses rues poussiéreuses, son climat sec et aride, son ciel étoilé, sa boîte de nuit où se retrouvent sans exception tous les jeunes et moins jeunes du village, son âme de pueblo, et, dans un genre opposé à Punta del este, ses vues télescopiques sur l'océan.



--> Cabo Polonio, perle du voyage, cerise sur le gâteau, morceau de paradis, rêve ou illusion... rien que par sa situation géographique, Cabo Polonio envoûte et séduit. Installé sur une mini presqu'île semblant se jetter dans l'océan, Cabo Polonio se situe au coeur d'une réserve écologique où l'on vit sans électricité et où les voitures sont interdites. Seules quelques jeeps autorisées à traverser permettent d'y accéder. Communauté de 70 habitants vivant aujourd'hui de la pêche, de l'artisanat et du tourisme, coupée du monde, en communion avec la nature, Cabo Polonio s'est à l'originé formé par un groupe d'une quinzaine de familles placées par le gouvernement pour s'occuper des otaries de la loberia. Or si les otaries sont parties, les familles sont restées, et sont aujourd'hui prêtes à tout pour préserver l'esprit et la beauté du lieu, ce qui pose quelques problèmes avec le gouvernement. En effet, El Cabo ne possède aucun statut légal, et les cabanes des habitants sont en fait sur des terrains fiscaux que l'Etat, voyant l'attraction qu'ont les touristes pour ce lieu, souhaiterait récupérer. L'avenir d'El Cabo demeure donc incertain, toujours est-il que quand on y met le pied on ne peut plus s'en détacher, surtout lorsqu'un habitant propose de vous prêter gratuitement une cabane pour quelques jours. Venues pour la journée, on s'est donc senties légèrement frustrées, mais notre retour est déjà prévu pour le mois de mars, et cette fois pour un séjour plus long, en espérant que le peaceandloveontheplanetweareallpartofthesamefamily spirit ne nous gagne pas trop quand même!



--> Et enfin la pampa (l'espace d'un instant vous avez cru pourvoir y échaper..!) qui se distingue de la pampa argentine, étant donné qu'en Uruguay les vaches côtoient non seulement les bottes de foin mais aussi les palmiers!



Mais en plus des lieux visités pour le plaisir des yeux, il ya aussi les gens rencontrés au cours du voyage, personnages à part entière de cette aventure uruguayenne, sans lesquels elle n'aurait pas été ce qu'elle est (sortez les violons..).

D'abord il y a Irene, la espanola loca comme elle s'auto-prénomme, trentenaire barcelonaise célibataire refusant de quitter sa jeunesse, comble du sociable et du naturel, rencontrée à l'hostel de Punta del diablo et grâce à qui l'on a fait moult rencontres mémorables; les brésiliens de Punta del este et leur caipirinha, Charlie la Sud africaine et ses récits sur l'apartheïd, Ernesto, l'ancien de Punta del diablo, expert des "on dit que" et des racontards du village, Edy, le prof de surf-vendeur d'artisanat-loueur de cabanes-meilleur danseur de salsa de Cabo Polonio, la madame du bus de Montevideo, qui au travers d'une discussion nous a subtilement fait remarqué que si aujourd'hui le pays peinait à se developper, c'était parce que nous les occidentaux, après avoir largement profité des matières premières d'Amérique latine pendant les 2 guerres mondiales, leur mettions aujourd'hui la corde au coup avec le FMI et la Banque Mondiale... Fred, uruguayen ayant passé une partie de son enfance en France où s'étaient réfugié ses parents pendant la dictature, les rugbymen de la fac de droit et leurs débats sur les lois mémorielles, et j'en passe...

Avec ses paysages inoubliables et ses gens accueillants, intègres et plus que tranquiles, loin de l'orgueil et de l'arrogance des portenos, l'Uruguay est un pays où l'on se sent bien, et que l'on aurait tort d'ignorer. Avec ses 3 millions de têtes, le peuple uruguayen forme aujourd'hui une grande famille luttant pour s'affirmer face à la présence parfois étouffante des 2 grands que sont l'Argentine (dont certains habitants considèrent encore l'Uruguay comme une province de leur pays) et le Brésil. Nommé meilleur Welfare State de l'Amérique latine au début du vingtième siècle, l'Uruguay tente aujourd'hui, après avoir subi les conséquences désastreuses de la dictature et de la crise économique argentine, de relever la tête.




* chic/snob

vendredi 14 décembre 2007

Société et traditions

S'il fallait résumer l'organisation de la société argentine en quelques mots, je dirais que la famille est reine. Unité élémentaire du tissu social, tant sur le plan affectif et culturel que sur le plan économique et social, la famille est ici un groupe de sociabilisation essentiel.

Les liens familiaux sont avant tout beaucoup plus forts et étroits que chez nous. Il n'est pas rare que 3 générations d'une même famille cohabitent sous le même toit, en témoigne le nombre de gens à la fac qui vivent avec leurs parents et leurs grands parents. Les réunions familiales sont également beaucoup plus fréquentes, le moindre anniversaire, que ce soit celui de la cousine issue de germain ou de la grande tante, est l'occasion de se réunir, et presque tout se fête en famille, avant de se fêter avec les copains, comme le nouvel an, où le dîner familial précédant la bamboula avec les pots est un passage obligé. Les jeunes sortent également beaucoup plus souvent que nous avec leurs cousins/cousines, le primo (cousin) étant pour beaucoup d'argentins le compagnon idéal pour ne pas arriver solo à une soirée. D'autre part même après son départ du foyer familial, l'argentin reste très proche de ses parents: Laura par exemple appelle sa mère tous les jours pour savoir comment elle va. Pour toutes ces raisons, les relations intergénérationnelles me semblent ici beaucoup plus décomplexées que chez nous: il n'est pas rare qu'un pendejo (mi-ado, mi-jeune) engage la discussion à une abuelita (grand-mère) dans le métro. Les rapports entre générations me semblent également plus naturels et plus confiants que chez nous, un exemple: à la chorale les gens ont entre 19 et 60 ans, mais lorsqu'un asado s'organise, tout le monde y participe. De même les quelques adultes qui reviennent à la fac suivre quelques cours me semblent beaucoup plus intégrés à la communauté juvénile que nos pauvres trentagénaires isolés au fin fond des amphis parisiens. Ce naturel et ce respect mutuel entre générations explique peut être aussi le fait que les rapports profs/élèves se fondent beaucoup plus sur une relation de confiance que chez nous.

D'autre part, pour des raisons tant culturelles et éducatives (les études sont un peu plus longues que chez nous) que financières, les jeunes vivent chez leurs parents beaucoup plus longtemps. A la fac, bien que la plupart des gens en cours avec nous aient plus de 22-23 ans, presque tous vivent chez leurs parents. Seuls ceux venus d'autres provinces ont leur propre appart, qu'ils partagent en général avec leurs frères et/ou soeurs. Il est vrai que pour un étudiant issu de classe moyenne, payer un loyer dans la capitale revient vite hors de prix, alors quand on a la chance d'avoir des parents qui y vivent, on y reste. Mais plus que pour des questions financières, il me semble que l'indépendantisation tardive des jeunes revet des dimensions culturelles importantes, tant que l'on ne vit pas en couple et que l'on supporte encore ses parents, pas de raison de partir. Autant cette cohabitation peut avoir du bon, la solidarité intrafamiliale s'en trouve renforcée (à ce propos j'ai parfois l'impression que les argentins craignent moins les grossesses précoces, car ils savent qu'ils peuvent compter sur les parents pour les aider à assumer l'enfant, mais ce n'est qu'une impression...), autant je trouve parfois qu'elle bloque l'émancipation, la maturation et l'entreprenariat des jeunes, longtemps couvés, à l'abri de responsabilités.

L'indice de fécondité, qui s'élève ici à 2,4 enfants par femme, contre 2 en France, et moins de 2 dans la plupart des autres pays européens, est relativement élevé. Outre les causes traditionnelles expliquant ce phénomène (accès à la contraception limité, faible éducation sexuelle, etc.), il me semble que le culte de l'enfant et de la famille nombreuse fait partie de la culture argentine. Entre le dia de los ninos, la fiesta de egresados*, le viaje de egresados**, les quince des filles***, les dieciocho des garçons, les cumpleanos, noël et j'en passe, les occasions ne manquent pas de satisfaire les jeunes pousses.





Enfin dernier constat sociétal: le nombre hallucinant de mariages. Je n'ai pas de chiffres pour appuyer ce que je dis, mais entre ceux des cousins et des copains, les argentins sont toujours fourés dans des mariages, en témoigne le nombre de fois où je me suis entendue dire de la part de copains/copines: "no puedo salir este fin de semana, tengo un casamiento". Certes le nombre est en baisse, et les divorces augmentent, mais nombreux sont ceux qui se remarient après une séparation. Poids des traditions? de la religion? Ou simple occasion de célébrer l'union et de faire la fête? Peut être un peu de tout...

Sur ces paroles légèrement rébarbatives, j'arrête de jouer les sociologues et vais boucler ma valise!

* fête organisée par les collèges/lycées chaque année pour fêter la fin des cours.
** A la fin de la terminale, la plupart des lycées propose à l'ensemble de la propotion un voyage pour fêter la sortie du secondaire.
*** Hormis les anniversaires annuels, il est de coutume ici de faire une plus grosse fête pour les 15 ans des filles et pour les 18 ans des filles. A l'occasion, et pour ceux qui ont les sous, les filles se voient traditionnellement offrir de l'argent ou un voyage.

mercredi 12 décembre 2007

Buenos Aires en images.

Les dernières photos sont en ligne, pour vous donner un aperçu de l'atmosphère bonaerense au printemps et du quartier de la Recoleta, que j'ai découvert aujourd'hui: avec ses immeubles haussmaniens, ses ambassades majestueuses et ses places pleines d'élégance, Recoleta, aussi appelé le petit Paris, est le fief de l'aristocratie bonaerense, venue s'y installer après avoir fui le quartier de San Telmo, aujourd'hui plus populaire, alors contaminé par la fièvre jaune. Idéal pour prendre un bain de soleil sur une des multiples petites places verdoyantes, faire des folies à la feria de las artesanias, se perdre entre les sépultures disproportionnées du cimetière, ou encore siroter un jus d'orange frais sur la terrasse du centro cultural. Si les quelques cartoneros faisant les poubelles n'étaient pas là pour nous ramener à la réalité argentine, on se laisserait facilement enfermer dans cette bulle, îlot de tranquilité au sein de la schizophrénie urbaine.

lundi 10 décembre 2007

Mar del plata te pone bien!

Située sur la côte Atlantique, toujours dans la province de Buenos Aires, à 4-5h de voitures de la capitale, Mar del Plata est LA destination balnéaire des argentins par excellence. Bien qu'elle atteigne à peine le million d'habitants hors saison (850 000 d'après un chauffeur de taxi), elle voit sa population doubler en été, alors qu'y accourent les portenos profitant de leurs vacances pour venir se dorer la panse, respirer le bon air marin, et manger des churros. Si Mar del Plata était à l'origine une ville réservée à l'aristocratie coloniale, en témoignent les nombreuses demeures aux proportions démesurées, J.Peron aurait fait en sorte d'en démocratiser l'accès, ce qui explique qu'on y trouve aujourd'hui toute sorte de population, unanimement d'accord pour vous dire que Mar del plata te pone bien!



C'est donc histoire de se "poner bien", et de commencer les vacances comme il se doit, que l'on a décidé d'aller y passer un week-end avec des copains de l'assoc (Un techo para mi pais), profitant du fait que les grands-parents d'un d'entre eux y aient une maison.

Avant d'arriver à Mar del Plata, il faut, comme pour atteindre n'importe quelle ville d'Argentine, traverser des kilomètres de pampa, sauf que cette fois-ci ce n'était pas la pampa arida que j'avais l'habitude de voir, mais la pampa HUMEDA, aha! Bref au bout de 2h de trajet accrochée à la vitre avec mon appareil photo, j'ai fait tellement de peine à Felix qu'il a failli par s'arrêter pour que je vois les vaches de plus près, ils sont fous ces français...




Arrivés donc le vendredi soir à "Mar del", ce n'était pas une maison qui nous attendait mais un quasi château. Ils se trouvent que les arrières grands-parents de Felix, première génération de la famille à avoir immigré en Argentine, étaient d'anciens grands propriétaires terriens du latifundio, à la tête d'exportations massives, et qu'ils se seraient fait construire cette petite demeure pour venir passer quelques jours à la mer de temps en temps...! Moi je trouve ça bien les copains comme ça! Quasi château au style médiéval, d'une quinzaine de chambres et d'une cinquantaine de lits, dans lequel on aurait put loger une trentaine de familles de Maquinista Savio... vous avez dit inégalités?



Dans un tel contexte, le week-end ne pouvait que bien se passer, un avant goût de vacances à base de séances bronzette sur la plage, de pauses churros, de maté et de bonnes fiestas au rythme de la qumbia, tout ça avec des gens ravis de vous faire connaître leur pays, le pied!





En gros Mar del Plata se résume en trois points:
1. C'est une ville...
2. ... sur la côte argentine (les argentins sont les premiers à dire que leurs plages n'ont rien d'extraordinaire)
3. Pero que Buena Onda!

jeudi 6 décembre 2007

C'est les vava, c'est les cancan, c'est les... VACANCES!

Ca y est, elles sont là, les jolies, les précieuses, les tant attendues VACANCES! le dernier parciel est derrière nous, comme dirait les argentins: me fue como al horto, pero me lo saqué de encima! Finis les virus, les pipettes et les linfocites, du moins pour un bout de temps! Demain départ pour Mar del Plata, sur la côte Atlantique, avec des copains de l'assoc, retour à Buenos Aires dimanche soir pour une petite semaine tranquilou, profiter des ferias, des marchés, des bars, des musées, de l'ambiance estivale de la ciudad, et surtout plier baggages, car le 15 décembre, c'est hasta la vista Baby, en route pour la grande vadrouille! Au programme, dans l'ordre: Uruguay, sud du Brésil (nouvel an chez un ami brésilien à Florianopolis), retour à Buenos Aires pour renvoyer Loulou dans l'avion et récupérer Océane, puis direction la Patagonie pendant 1 mois, arrivée fin janvier à Ushuaïa, avion jusqu'à Lima, une dizaine de jours au Pérou, une dizaine de jours en Bolivie, puis retour à Buenos Aires par le Nord de l'Argentine fin février, fiou, il était temps!
Moi je dis: vive l'euro fort ;)
Le blog va être dur à tenir pendant tout ce temps, entre les campings et les hostels, je doute qu'il y ait beaucoup de cybercafés dans les steppes patagoniennes... mais je ferais de mon mieux, c'est promis!
En attendant la reprise des cours (prévue autour du 20 mars 2008) semble trèèèès lointaine! :)

samedi 1 décembre 2007

Vous avez dit loi?

La loi en Argentine? Quelquechose qui fait bien sur le papier, inventé pour occuper les politiciens et faire parler les journalistes, un ornement législatif sans valeur, là pour la forme, pour faire bien... Voilà le discours que vous tiennent la plupart des argentins en référence à la force de la loi dans leur pays.

C'est vrai que le respect des règles n'est pas la chose la plus flagrante ici. Un exemple: le vote est obligatoire, mais près de 25% de la population s'est abstenue aux dernières élections. En théorie celui qui ne se rend pas aux urnes peut avoir des problèmes avec l'adminitration et encourt une amende, mais bon, dans la pratique on s'arrange, no pasa nada, quedate tranquilo, esta todo bien.

En même temps si personne ne respecte les règles, quel intérêt aurais-je à les respecter? Passager clandestin, me voilà! Ici on ne fait confiance ni aux hommes politiques, ni à ses voisins, vu comme ça l'Argentine devient vite le pays de la débrouille, chacun tentant de se frayer un chemin comme il peut.

L'exemple qui illustre le mieux ce constat est la conduite. En tête de liste des conseils aux voyageurs donnés par le ministère des affaires étrangères français: la violence routière, dite "première source d'insécurité en Argentine". Avec ses 11 000 morts par an, l'Argentine détient en effet le record mondial de tués sur la route (Maman arrête tout de suite la lecture de cet article si tu tiens à ta santé cardiaque). Une seule règle à respecter: le chacun pour soi. En général les routes sont larges, les limitations de vitesse peu présentes, et les poches des flics ouvertes à tout acte de générosité, le but est donc simple: arriver le plus vite possible à destination en évitant un maximum de feux rouges, en laissant passer un minimum de piétons, et en essayant coûte que coûte de dépasser le véhicule devant soi, même si ça implique faire une queue de poisson à celui qui est derrière (ah qu'ils sont loin nos bons vieux angles morts!).
Enfin le top du top, c'est quand même le péage (chose que j'ai pu expérimenter à plusieurs reprises grâce aux sorties hors de la ville avec les copains). Pour désengorger la circulation sur les autoroutes, les péagistes ont ordre de laisser passer les gens gratuitement lorsque la queue se fait trop longue. Mais l'argentin est fûté, voyant dans cette pratique un moyen d'économiser 2 pesos, il se met à klaxonner 500 mètres avant d'arriver au péage (histoire de mettre la pression aux péagistes), choisit la queue la plus longue pour garantir un maximum d'entassement, et appuit sur l'accélérateur comme un taré au moment où les barrières s'ouvrent. Résultat: quelques pesos d'économisés, des barrières défoncées par les retardataires ayant quand même essayé de passer, des péagistes aux tympans explosés, et un maximum d'accidents à la sortie du péage!

Enfin à part ça, je suis toujours en vie, et tiens à préciser que les argentins sont aussi capables d'être extrêmement généreux et solidaires, que demande le peuple?

Ahoora hace calor!

1er décembre à Buenos Aires: 30 degrés. Une chaleur qui vous pénètre le corps et vous applatit, vous coupe toute énergie. Une seule envie: faire le phoque au bord de la piscine toute la journée. Mais le mieux c'est qu'il paraît que ce n'est rien comparé aux 40-45°C du mois de janvier! Loulou, Océ, Antonin, préparez les déos et les brumisateurs, on va morfler!