La loi en Argentine? Quelquechose qui fait bien sur le papier, inventé pour occuper les politiciens et faire parler les journalistes, un ornement législatif sans valeur, là pour la forme, pour faire bien... Voilà le discours que vous tiennent la plupart des argentins en référence à la force de la loi dans leur pays.
C'est vrai que le respect des règles n'est pas la chose la plus flagrante ici. Un exemple: le vote est obligatoire, mais près de 25% de la population s'est abstenue aux dernières élections. En théorie celui qui ne se rend pas aux urnes peut avoir des problèmes avec l'adminitration et encourt une amende, mais bon, dans la pratique on s'arrange, no pasa nada, quedate tranquilo, esta todo bien.
En même temps si personne ne respecte les règles, quel intérêt aurais-je à les respecter? Passager clandestin, me voilà! Ici on ne fait confiance ni aux hommes politiques, ni à ses voisins, vu comme ça l'Argentine devient vite le pays de la débrouille, chacun tentant de se frayer un chemin comme il peut.
L'exemple qui illustre le mieux ce constat est la conduite. En tête de liste des conseils aux voyageurs donnés par le ministère des affaires étrangères français: la violence routière, dite "première source d'insécurité en Argentine". Avec ses 11 000 morts par an, l'Argentine détient en effet le record mondial de tués sur la route (Maman arrête tout de suite la lecture de cet article si tu tiens à ta santé cardiaque). Une seule règle à respecter: le chacun pour soi. En général les routes sont larges, les limitations de vitesse peu présentes, et les poches des flics ouvertes à tout acte de générosité, le but est donc simple: arriver le plus vite possible à destination en évitant un maximum de feux rouges, en laissant passer un minimum de piétons, et en essayant coûte que coûte de dépasser le véhicule devant soi, même si ça implique faire une queue de poisson à celui qui est derrière (ah qu'ils sont loin nos bons vieux angles morts!).
Enfin le top du top, c'est quand même le péage (chose que j'ai pu expérimenter à plusieurs reprises grâce aux sorties hors de la ville avec les copains). Pour désengorger la circulation sur les autoroutes, les péagistes ont ordre de laisser passer les gens gratuitement lorsque la queue se fait trop longue. Mais l'argentin est fûté, voyant dans cette pratique un moyen d'économiser 2 pesos, il se met à klaxonner 500 mètres avant d'arriver au péage (histoire de mettre la pression aux péagistes), choisit la queue la plus longue pour garantir un maximum d'entassement, et appuit sur l'accélérateur comme un taré au moment où les barrières s'ouvrent. Résultat: quelques pesos d'économisés, des barrières défoncées par les retardataires ayant quand même essayé de passer, des péagistes aux tympans explosés, et un maximum d'accidents à la sortie du péage!
Enfin à part ça, je suis toujours en vie, et tiens à préciser que les argentins sont aussi capables d'être extrêmement généreux et solidaires, que demande le peuple?
samedi 1 décembre 2007
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