

Ce chemin c'est celui qu'ont emprunté des centaines de milliers d'immigrés venus peupler la terre nouvelle, faisant aujourd'hui de Rosario la troisième ville du pays en nombre d'habitants. Ayant longtemps été un centre d'exportation massif (de par sa position géographique privilégiée), Rosario ne respirait ni le tourisme ni la tranquilité, jusqu'à ce qu'il y a quelques années, les rosarinos entreprennent un réaménagement massif de la ville, mettant à profit ses nombreux atouts géographiques, et attirant moulte de touristes à y passer le week-end. La clé de cette transformation réussie? Un gouvernement socialiste à la tête de la ville depuis plusieurs années, qui fait la fierté de la plupart de ses habitants, et marque l'originalité de Rosario, seul bastion socialiste du pays. "Nous sommes les seuls à avoir réussi à mettre le péronisme dehors", me dit un rosarino fièrement, au cours d'une discussion.
Rosario c'est aussi la ville où Laura, une copine de la fac, a fait ses premières années d'études, et c'est là où elle et son copain David nous ont emmené, Maud et moi, passer le week-end (merci au copain pour la voiture!). Arrivées le samedi midi après 2h30 de route (une aubaine pour Maud et moi maintenant habituées aux voyages de 15h...), les parents de David nous accueillent comme des rois, ils ont tous les deux fait un an d'étude en France dans leur jeunesse et sont absolument fans du pays, c'est à peine s'ils n'ont pas déroulé le tapis rouge pour notre arrivée, on n'a plus qu'à mettre les pieds sous la table, c'est parfait!
L'après-midi Laura nous fait visiter la ville, il fait beau, il y a des rues pavées et pleins de bâtiments coloniaux, le vent marin (ou devrais-je dire "fluvial") nous débouche les narines et nous ébouriffe les cheveux, on respire, les arbres, des jacarandas aux sycomores en passant par les palmiers et les platanes, sont tous aussi majestueux les uns que les autres, c'est le printemps à Rosario, et j'aime!
Le soir on rejoint les pots de Laura dans un bar-boîte sur la Costanera, cumbia et cuarteto toute la nuit, les argentins sont infatigables (au grand dam de mes jambes qui crient "au dodoooo"), ça shtroumf sec!
La journée du dimanche est encore plus dur que le reste: affalées sur nos serviettes, on se fait rôtir au soleil pendant que Mariana, la copine de Laura, nous fait tourner le maté, trop beau la vie.
Mais le clou du spectacle, c'est la bouffe du dimanche soir. Ayant suivi les conseils du Lonely Planet, Maud et moi atterissons dans un des meilleurs (et des moins chers, faut pas déconner) tenedor libre (littéralement "fourchette libre", autrement dit "buffet à volonté") de la ville, vous savez un de ces endroits où il y a tellement de choses qu'on se sait pas quoi prendre, où l'on finit par tout prendre (il fait bien rentabiliser le prix du menu, n'est ce pas Vincent?) et dont on ressort avec la peau du ventre bien tendue et l'envie de vomir.
Comble du consumisme, usine de la malbouffe, le lieu se transforme sous nos yeux en un véritable laboratoire d'analyse sociologique. 80% des gens qui nous entourent sont gros, voir obèses, j'ai l'impression de pénétrer la vie d'une nouvelle frange de la population, victime (ou bénéficiaire, à vous de juger) de l'influence américaine, bien présente sur le continent. En attendant le flan et la glace au dulce de leche ne sont pas mauvais, il suffit d'oublier que les innombrables restes finiront à la poubelle à la fin de la soirée...
Bref un week-end encore riche en expériences! Seule frustration: les bâteaux-bus ne fonctionnant pas le lundi, nous n'avons pas pu atteindre les îles... mince alors, il va falloir revenir!
NB: Vu que j'ai oublié mon appareil les 2 premiers jours, beaucoup de photos ont été prises par Maud, merci cocotte!
2 commentaires:
aux baléares on trouve exactement la même présentation des buffets à volonté. Bon quand es-ce qu'on mange! (lol)
PUtain ça donne envi de partir ... lol
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